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Résolution des contradictions de L.E. : le petit Benjamin de Capharnaüm, dans l'oeuvre de Maria Valtorta ( Matthieu 18,2 "Qui est le plus grand ?" )

Alors que L.E. absolutise une vérité (la gratuité) et en oublie une autre (l'obéissance), dans son article "Ce que le petit Louis a compris et que son papa ignorait" nous allons voir comment ces deux vérités sont merveilleusement réunies dans les révélations de Maria Valtorta, au cours de l'épisode correspondant à : Matthieu 18 "Qui est le plus grand ?"

(...) "Lui a compris, dans sa simplicité de tout petit, que c'est dans l'amour que se trouve la force de devenir grand et dans l'obéissance par amour celle d'entrer dans mon Royaume. Soyez simples, humbles, aimants d'un amour que vous ne donniez pas qu'à Moi mais que vous partagiez entre vous, obéissant à mes paroles, à toutes, même à celles-ci, si vous voulez arriver là où entreront ces innocents. Apprenez auprès des petits. Le Père leur révèle la vérité comme Il ne la révèle pas aux sages." (...)


Trop simple et trop naïf pour les intelligents.....

maria-valtorta.org/Publication/TOME 05/05-040.htm

Je vois Jésus qui suit un chemin de campagne suivi et entouré de ses apôtres et des disciples.

Le lac de Galilée brille pas très loin tranquille et azuré sous un beau soleil de printemps ou d'automne car il n'est pas violent comme un soleil d'été. Mais je dirais que c'est le printemps car la nature est très fraîche et elle n'a pas ces tons dorés et mourants que l'on voit en automne.

Il semble qu'à l'approche du soir, Jésus se retire dans la maison hospitalière et se dirige par conséquent vers la ville que l'on voit apparaître déjà. Jésus, comme il arrive souvent, est à quelques pas en avant des disciples. Deux ou trois, pas plus, mais assez pour pouvoir s'isoler dans ses pensées, ayant besoin de silence après une journée d'évangélisation. Il chemine absorbé, avec dans la main droite un rameau vert, certainement cueilli dans quelque buisson avec lequel il fouette légèrement, perdu dans ses pensées, les herbes de la berge.

Derrière Lui, au contraire, les disciples parlent avec animation. Ils rappellent les événements de la journée et ils n'ont pas la main trop légère pour apprécier les défauts d'autrui et les méchancetés d'autrui. Tous critiquent plus ou moins le fait que ceux qui sont chargés de la perception du tribut pour le Temple aient voulu être payés par Jésus.

Pierre, toujours véhément, soutient que c'est un sacrilège parce que le Messie n'est pas tenu de payer le tribut :

"C'est comme si on voulait que Dieu se paie Lui-même, dit-il. Et cela n'est pas juste. Si, ensuite, ils croient que Lui n'est pas le Messie, cela devient un sacrilège."

Jésus se tourne un instant et il dit :


"Simon, Simon, il y en aura tant qui douteront de Moi ! Même parmi ceux qui croient que leur foi en Moi est assurée et inébranlable. Ne juge pas les frères, Simon. Commence par te juger toi-même."

Judas, avec un sourire ironique, dit à Pierre qui humilié a baissé la tête :

"Ceci est pour toi. Parce que tu es le plus âgé tu veux toujours faire le docteur. Il n'est pas dit qu'il faille juger le mérite d'après l'âge. Parmi nous, il y en a qui te sont supérieurs pour le savoir et la position sociale."

Il s'allume une discussion sur les mérites respectifs. Tel se vante
d'avoir été parmi les premiers disciples, tel appuie son mérite sur la situation qu'il a quittée pour suivre Jésus, tel dit que personne comme lui n'a des droits parce que personne ne s'est converti comme lui, en passant de la situation de publicain à celle de disciple. La discussion se prolonge, et si je ne craignais pas d'offenser les apôtres, je dirais qu'elle prend les allures d'un véritable procès.

Jésus s'en désintéresse. Il semble n'entendre plus rien. Entre temps on est arrivé aux premières maisons de la ville que je sais être Capharnaüm. Jésus continue et les autres par derrière sont toujours en discussion.

Un enfant de sept à huit ans court derrière Jésus en sautant. Il le rejoint en dépassant le groupe plus qu'animé des apôtres. C'est un bel enfant aux cheveux châtains foncés tout bouclés, courts. Dans son visage brun, il a deux yeux noirs intelligents. Il appelle avec familiarité le Maître, comme s'il le connaissait bien.

"Jésus ! dit-il. Laisse-moi venir avec Toi jusqu'à ta maison, veux-tu ?"


"Ta mère le sait-elle ?" demande Jésus en le regardant avec un doux sourire.

"Elle le sait."


"En vérité ?" Jésus, tout en souriant, le regarde d'un regard pénétrant.

"Oui, Jésus, en vérité."


"Alors, viens."

L'enfant fait un saut de joie et prend la main gauche de Jésus qui la lui présente. C'est avec une amoureuse confiance que l’enfant met sa petite main brune dans la longue main de mon Jésus. Moi, je voudrais bien en faire autant !

"Raconte-moi une belle parabole, Jésus" dit l'enfant en sautant aux côtés du Maître et en le regardant par en dessous avec un petit visage qui resplendit de joie.

Jésus aussi le regarde avec un sourire joyeux qui Lui fait entrouvrir la bouche qu'ombragent des moustaches et une barbe blonde-rousse que le soleil fait briller comme si c'était de l'or. Ses yeux de saphir foncé rient de joie quand il regarde l'enfant.


"Qu'en fais-tu de la parabole ? Ce n'est pas un jeu."

"C'est plus beau qu'un jeu. Quand je vais dormir, j'y pense, et puis j'en rêve et le lendemain je m'en souviens et je me la redis pour être bon. Elle me rend bon."

"Tu t'en souviens ?"

"Oui. Veux-tu que je te dise toutes celles que tu m'as dites ?"

"Tu es brave, Benjamin, plus que les hommes qui oublient. En récompense, je te dirai la parabole."

L'enfant ne saute plus. Il marche, sérieux, attentif comme un adulte, et il ne perd pas un mot, pas une inflexion de la voix de Jésus qu'il regarde avec attention, sans même prendre garde où il met ses pieds.

"Un berger qui était très bon apprit qu'il y avait dans un endroit de la création un grand nombre de brebis abandonnées par des bergers qui n'étaient guère bons. Elles étaient en danger sur de mauvais chemins et dans des herbages empoisonnés et elles s'en allaient de plus en plus vers de sombres ravins. Il vint dans cet endroit et, sacrifiant tout son avoir, il acheta ces brebis et ces agneaux.

Il voulait les amener dans son royaume, parce que ce berger était roi aussi comme l'ont été de nombreux rois en Israël. Dans son royaume, ces brebis et ces agneaux auraient tant de pâturages sains, tant d'eaux fraîches et pures, des chemins sûrs et des abris solides contre les voleurs et les loups féroces. Alors ce berger rassembla ses brebis et ses agneaux et il leur dit : "Je suis venu pour vous sauver, pour vous amener là où vous ne souffrirez plus, où vous ne connaîtrez plus les embûches et les douleurs, Aimez-moi, suivez-moi, car je vous aime tant et, pour vous avoir, je me suis sacrifié de toutes manières. Mais si vous m'aimez, mon sacrifice ne me pèsera pas. Suivez-moi et allons". Et le berger en avant, les brebis à la suite, prirent le chemin vers le royaume de la joie.

À chaque instant, le berger se retournait pour voir si elles le suivaient, pour exhorter celles qui étaient fatiguées, encourager celles qui perdaient confiance, pour secourir les malades, caresser les agneaux. Comme il les aimait ! Il leur donnait son pain et son sel. Il commençait par goûter l'eau des sources pour voir si elle était saine et la bénissait pour la rendre sainte.

Mais les brebis - le crois-tu, Benjamin ? - les brebis, après quelque temps se lassèrent. Une d'abord, puis deux, puis dix, puis cent restèrent en arrière à brouter l'herbe jusqu'à s'empiffrer au point de ne plus se mouvoir et se couchèrent, fatiguées et repues, dans la poussière et dans la boue. D'autres se penchèrent sur les précipices, malgré les paroles du berger : "Ne le faites pas". Comme il se mettait là où il y avait un plus grand danger, pour les empêcher d'y aller, certaines le bousculèrent avec leurs têtes arrogantes et plus d'une fois essayèrent de le jeter au fond. Ainsi beaucoup finirent dans les ravins et moururent misérablement. D'autres se battirent à coups de cornes et de têtes, et se tuèrent entre elles.

Seul un agnelet ne s'écarta jamais. Il courait en bêlant et il disait par son bêlement au berger : "Je t'aime". Il courait derrière le bon berger et quand ils arrivèrent à la porte de son royaume, il n'y avait qu'eux deux : le berger et l'agnelet fidèle. Alors le berger ne dit pas : "Entre", mais il dit : "Viens" et il le prit sur sa poitrine, dans ses bras, et il l'amena à l'intérieur en appelant tous ses sujets et en leur disant : "Voici. Celui-ci m'aime. Je veux qu'il soit avec Moi pour toujours. Et vous aimez-le, car c'est celui que préfère mon cœur".

La parabole est finie, Benjamin. Maintenant peux-tu me dire quel est ce bon berger ?"


"C'est Toi, Jésus."

"Et cet agnelet, qui est-ce ?"

"C'est moi, Jésus."

"Mais maintenant je vais partir. Tu m'oublieras."

"Non, Jésus, je ne t'oublierai pas parce que je t'aime."

"Ton amour disparaîtra quand tu ne me verras plus."

"Je me dirai à moi-même les paroles que tu m'as dites, et ce sera comme si tu étais présent. Je t'aimerai et je t'obéirai de cette façon. Et, dis-moi, Jésus : Toi, tu te souviendras de Benjamin ?"

"Toujours."

"Comment feras-tu pour te souvenir ?"

"Je me dirai que tu m'as promis de m'aimer et de m'obéir, et je me souviendrai ainsi de toi."

"Et tu me donneras ton Royaume ?"

"Si tu seras bon, oui."

"Je serai bon."

"Comment feras-tu ? La vie est longue."

"Mais aussi tes paroles sont si bonnes. Si je me les dis et si je fais ce qu'elles me disent de faire, je me garderai bon toute ma vie. Et je le ferai parce que je t'aime. Quand on aime bien, ce n'est pas fatigant d'être bon. Je ne me fatigue pas d'obéir à maman, parce que je l'aime bien. Je ne me fatiguerai pas d'être obéissant pour Toi, parce que je t'aime bien."

Jésus s'est arrêté pour regarder le petit visage enflammé par l'amour plus que par le soleil. La joie de Jésus est si vive qu'il semble qu'un autre soleil se soit allumé en son âme et irradie par ses pupilles. Il se penche et dépose un baiser sur le front de l'enfant.

Jésus s'est arrêté devant une petite maison modeste, avec un puits devant. Il va ensuite s'asseoir près du puits et c'est là que le rejoignent les disciples, qui sont encore en train de mesurer leurs prérogatives respectives.

Jésus les regarde, puis il les appelle :


"Venez autour de Moi, et écoutez le dernier enseignement de la journée, vous qui célébrez sans cesse vos mérites et pensez à vous adjuger une place en rapport avec eux. Vous voyez cet enfant ? Lui est dans la vérité plus que vous. Son innocence lui donne les clefs pour ouvrir les portes de mon Royaume. Lui a compris, dans sa simplicité de tout petit, que c'est dans l'amour que se trouve la force de devenir grand et dans l'obéissance par amour celle d'entrer dans mon Royaume. Soyez simples, humbles, aimants d'un amour que vous ne donniez pas qu'à Moi mais que vous partagiez entre vous, obéissant à mes paroles, à toutes, même à celles-ci, si vous voulez arriver là où entreront ces innocents. Apprenez auprès des petits. Le Père leur révèle la vérité comme Il ne la révèle pas aux sages."

Jésus parle en tenant Benjamin debout contre ses genoux et il lui tient les mains sur les épaules. En ce moment le visage de Jésus est plein de majesté. Il est sérieux, pas courroucé, mais sérieux. C'est vraiment le Maître. Le dernier rayon de soleil nimbe sa tête blonde.

La vision s'arrête pour moi ici, en me laissant pleine de douceur dans mes souffrances.
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apvs

Tortueux et biaisé ! ⚠️L'Assomption : la fête de Marie, ou la fête de Dieu ?
⚠️Ce texte contient une part importante de vérité catholique — mais il la transforme progressivement en caricature de la dévotion mariale, puis en opposition artificielle entre « fête de Marie » et « fête de Dieu ».
Le paradoxe est assez frappant : L.E. commence par dire des choses parfaitement catholiques, puis semble avoir besoin d'en rajouter pour parvenir à la conclusion polémique qu'il recherche.
1. Le titre lui-même pose déjà un faux dilemme

« L'Assomption : la fête de Marie, ou la fête de Dieu ? »
Pourquoi faudrait-il choisir ?
C'est la fête de Marie ET la fête de Dieu.
C'est précisément le principe de la théologie catholique de la grâce : Dieu est la source de tout, mais cela n'empêche aucunement la créature de recevoir une véritable gloire.
La liturgie de l'Assomption glorifie Dieu pour ce qu'il a fait en Marie, et elle honore Marie pour l'œuvre de grâce accomplie en elle par Dieu.
Pie XII ne présente d'ailleurs absolument pas l'Assomption comme une fête où Marie volerait quelque gloire à Dieu.
Au contraire, dans Munificentissimus Deus, il définit le dogme « pour la gloire du Dieu Tout-Puissant », mais aussi « pour l'honneur de son Fils » et « pour l'augmentation de la gloire de cette auguste Mère ».
C'est donc Dieu glorifié en Marie et Marie glorifiée par Dieu.
Il n'y a aucune contradiction.
2. Les quatre premiers paragraphes sont, pour l'essentiel, parfaitement catholiques
Prenons ses affirmations une par une.
« Marie est une simple créature par nature »
Oui.
Personne ne soutient que Marie serait une déesse.
Le Concile Vatican II dit même explicitement qu'elle appartient à la descendance d'Adam et qu'elle est « une avec tous ceux qui doivent être sauvés ». Mais il ajoute immédiatement qu'elle a reçu une grâce sublime qui la place au-dessus de toutes les autres créatures.
Et c'est justement là que L.E. commence à produire une présentation déséquilibrée.
Dire :
Marie est une créature.
est vrai.
Mais dire :
donc elle n'est qu'une « poussière façonnée par le Créateur »
est une réduction rhétorique, qui oublie complètement ce que l'Église dit de cette créature.
Marie n'est pas simplement « une fille d'Adam parmi d'autres ».
Elle est Mère de Dieu, Immaculée, Mère du Rédempteur, associée au mystère de l'Incarnation, modèle de l'Église, et glorifiée corps et âme au ciel.
Vatican II dit qu'elle est « élevée par la grâce de Dieu, après son Fils, au-dessus de tous les anges et les hommes ».
Donc la formule :
« Marie, sans Dieu n'est absolument rien »
est vraie dans un sens métaphysique banal :
aucune créature n'est quoi que ce soit sans Dieu.
Mais pourquoi ne jamais écrire :
« Pierre, sans Dieu n'est absolument rien » ?
Ou :
« Paul, sans Dieu n'est absolument rien » ?
Ou :
« les anges, sans Dieu, ne sont absolument rien » ?
Parce que, appliquée à Marie avec cette insistance, la formule devient un procédé de rabaissement plutôt qu'un rappel théologique.
3. Le point le plus problématique : « elle n'a rien fait par elle-même »

C'est ici que son raisonnement devient beaucoup plus subtil.
L.E. affirme que Marie a librement coopéré, mais que cette coopération était entièrement soutenue par la grâce.
Oui.
Mais il semble ensuite utiliser cette vérité pour dissoudre pratiquement toute causalité réelle de Marie.
Or le catholicisme ne dit pas :
« Marie n'a rien fait ; Dieu a tout fait à sa place. »
Il dit :
Dieu a donné la grâce, et Marie a librement coopéré à cette grâce.
Et cette coopération est réellement la sienne.
Le « fiat » de Marie n'est pas une illusion.
Quand l'ange annonce l'Incarnation, Marie répond :
« Voici la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole. »
Ce n'est pas Dieu qui prononce ce « oui » à sa place.
Marie le prononce.
Et précisément parce que la grâce ne détruit pas la liberté, son consentement possède une véritable valeur.
C'est d'ailleurs exactement ce que dit Vatican II : Marie a « coopéré par son obéissance » au salut, et le Concile la présente comme « modèle excellent » de foi et de charité.
La théologie catholique est donc beaucoup plus équilibrée que le schéma de L.E. :
Grâce → liberté → coopération réelle → mérite surnaturel → glorification.
Ce n'est pas :
Dieu fait tout → Marie ne fait rien → Dieu récupère tout.
4. Et là apparaît une contradiction avec ses propres articles précédents

C'est probablement l'un des points les plus intéressants de tout son corpus récent.
L.E. a écrit une série entière pour dénoncer ce qu'il appelle la logique du « donnant-donnant » avec Dieu.
Il insiste sur le fait que nous ne devons pas considérer nos bonnes œuvres comme un moyen de « mériter » l'amour de Dieu.
Très bien.
Mais il risque maintenant de tomber dans l'excès inverse :
si tout vient de la grâce, la coopération humaine devient presque théologiquement insignifiante.
Or ce n'est pas la doctrine catholique.
La grâce est première, absolument.
Mais la réponse humaine est réelle.
C'est justement le paradoxe chrétien : Dieu donne gratuitement, et cette grâce produit réellement en nous des œuvres qui ont une valeur surnaturelle.
Sinon, pourquoi Jésus demanderait-il :
« Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements » ?
Pourquoi saint Paul parlerait-il de « courir », de « combattre », de « travailler » ?
Pourquoi saint Jacques parlerait-il des œuvres ?
---> La grâce ne transforme pas l'homme en spectateur.
Elle le rend capable d'agir avec Dieu.
5. Son traitement de l'Assomption est également incomplet
L.E. dit :
« Marie ne s'est pas "arrachée" à la terre par sa propre puissance »
Encore une fois : personne ne le prétend.
L'Assomption signifie précisément que Marie est assumée par la puissance divine.
Mais il ajoute :
« ce corps glorifié [...] ne constitue pas une récompense ou un dû »
Là encore, il y a une distinction à faire.
Ce n'est certainement pas un « dû » que Marie aurait pu exiger de Dieu.
Mais cela ne signifie pas que l'Assomption ne soit pas le couronnement d'une vie de grâce et de fidélité.
Pie XII parle précisément de l'Assomption comme du :
« suprême couronnement de ses privilèges »
et présente Marie comme celle qui, avec son Fils, a remporté la victoire sur le péché et ses conséquences.
Benoît XVI reprend exactement cette perspective : l'Église célèbre Marie élevée corps et âme dans la gloire de la vie éternelle.
Donc :
grâce ≠ absence de mérite
et
don gratuit ≠ absence de coopération.
C'est précisément cette distinction que L.E. brouille.
6. Surtout : il oublie ce que signifie « honorer »
C'est sûrement le défaut majeur de son article.
L.E. semble constamment raisonner comme si honorer Marie risquait nécessairement de diminuer Dieu.
Or l'Église dit exactement l'inverse.
Lumen gentium 66 est absolument dévastateur pour cette présentation :
le culte marial est « essentiellement différent du culte d'adoration » rendu à Dieu,
mais il est aussi « éminemment apte à le servir ».
Et le Concile explique que, lorsque la Mère est honorée, le Fils est « connu, aimé, glorifié et obéi » davantage.
Jean-Paul II le résumera encore plus clairement : l'honneur rendu à Marie est ordonné à l'adoration de la Trinité.
Donc L.E. combat ici une opposition que l'Église ne pose pas.
Honorer Marie n'est pas enlever quelque chose à Dieu.
C'est honorer l'œuvre de Dieu en Marie.

7. Et son introduction sur les processions est franchement caricaturale
C'est sans doute le passage le plus faible :
« comment un simple observateur pourrait-il ne pas croire qu'il assiste à un culte idolâtrique voué à une divinité féminine ? »
Un « simple observateur » qui ne connaîtrait absolument rien au catholicisme pourrait effectivement se tromper.
Mais précisément : il se tromperait.
Et L.E. le sait.
Une procession mariale n'est pas une procession de fidèles qui croient que Marie est une déesse.
La différence entre latrie et hyperdulie est élémentaire dans la théologie catholique.
Le Concile Vatican II prend même soin de rappeler que le culte marial est essentiellement différent de l'adoration due à Dieu.
Et il ne se contente pas de tolérer ce culte : il dit aux catholiques de le favoriser généreusement, notamment dans la liturgie.
Ainsi, lorsqu'une foule prie devant une statue de Marie, L.E. aurait pu expliquer :
« Cette scène pourrait sembler idolâtrique à quelqu'un qui ignore la distinction entre adoration et vénération ; mais la foi catholique n'adore évidemment pas Marie. »
Cela aurait été parfaitement juste.
Mais il préfère :
« culte païen des temps modernes »
et
« divinité féminine ».
C'est beaucoup plus polémique que théologique.
8. Et il commet une curieuse omission : le Magnificat
C'est presque incroyable pour un article consacré à la glorification de Marie.
Marie elle-même dit :
« Toutes les générations me diront bienheureuse. »
Pourquoi ?
Parce que :
« le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. »
Voilà précisément la synthèse catholique.
Marie est glorifiée → parce que Dieu a fait de grandes choses en elle.
Et justement, Lumen gentium cite ce passage de Luc 1,48 pour expliquer le culte marial.
Autrement dit, le catholicisme ne choisit pas entre :
« gloire de Marie »
et
« gloire de Dieu ».
Le Magnificat les unit :
Marie est bienheureuse parce que Dieu est grand.
C'est exactement le contraire d'une mariolâtrie.
9. Le paradoxe ultime : L.E. affirme finalement une très belle vérité... mais en la retournant contre Marie
Sa conclusion :
« Si vous aimez vraiment Marie, n'oubliez pas votre Dieu. C'est lui seul qu'elle vous montre ! »
est, prise isolément, excellente.
Le problème est que l'Église dit pratiquement la même chose.
Mais elle ajoute :
Et précisément parce que Marie montre Dieu, honorons celle que Dieu a voulu honorer.
C'est là que se trouve la différence.
L.E. semble raisonner ainsi :
Marie conduit à Dieu → donc il faut surtout parler de Dieu plutôt que de Marie.
L'Église raisonne :
Marie conduit à Dieu → donc honorer Marie dans la vérité conduit à Dieu.
Et c'est exactement ce que dit Lumen gentium 66-67.
Et il y a même quelque chose d'assez ironique
L.E. reproche aux catholiques de « donner à Marie ce qui ne convient qu'au Créateur ».
Mais l'Église elle-même a déjà parfaitement défini la frontière :
- Dieu : adoration (latrie)
- Marie : vénération singulière (hyperdulie)
- les saints : vénération (dulie)

Le problème n'est donc pas que l'Église ne saurait pas faire la distinction.
Le problème est que L.E. fait comme si l'existence d'une forte dévotion mariale suffisait à rendre suspecte cette dévotion.
Or le Magistère dit précisément que la dévotion mariale authentique est compatible avec, et même favorable à, l'adoration de Dieu.
10. Le plus révélateur : son propre titre aurait pu être formulé autrement
Au lieu de :
« L'Assomption : la fête de Marie, ou la fête de Dieu ? »
la formulation catholique serait :
« L'Assomption : Dieu glorifié en Marie et Marie glorifiée par Dieu »
Et cela correspond remarquablement bien au Magistère.
Pie XII parle à la fois de :
- la gloire de Dieu,
- l'honneur du Fils,
- la gloire de la Mère,
- et la joie de toute l'Église.
Ce n'est donc pas une compétition pour savoir qui reçoit les applaudissements.
C'est une hiérarchie et une participation :
Dieu → grâce → Marie → glorification de Marie → Dieu glorifié dans son œuvre.
Bilan
Cet article pourrait se classer ainsi :
1 - Élément
2 - Appréciation

Dieu est la source de toute grâce
Tout à fait catholique
Marie est une créature

Marie a besoin de la grâce

L'Assomption est une œuvre de Dieu

Marie n'est pas une déesse
Évidemment
L'adoration appartient à Dieu seul

La dévotion mariale peut être dévoyée

Toute dévotion mariale authentique serait suspecte

« Fête de Marie OU fête de Dieu »
Faux dilemme
Processions mariales présentées comme quasi-idolâtriques
Caricatural
Coopération de Marie pratiquement dissoute dans la grâce
⚠️ Réduction excessive
Gloire de Marie opposée à gloire de Dieu
Contraire à la logique de Lumen gentium
Marie comme « transparente » de Dieu
Belle image, si elle n'implique pas son effacement
On peut ajouter que cet article est beaucoup moins antimarial dans ses prémisses que dans son intention polémique.
Il ne nie pas explicitement les privilèges de Marie ; il les reconnaît, puis les entoure d'un vocabulaire de « simple créature », de « poussière », de « sans Dieu absolument rien », de « culte païen », afin de créer chez le lecteur une suspicion envers l'expression même de la dévotion mariale.
Or le catholicisme fait quelque chose de beaucoup plus beau :
plus Marie reçoit de Dieu, plus Dieu est admirable ; et plus Dieu est admirable en Marie, plus Marie est digne d'être honorée.
C'est précisément le sens du Magnificat :
« Toutes les générations me diront bienheureuse » — parce que « le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses ».
Et c'est précisément pourquoi l'Assomption peut être à la fois la fête de Dieu et la fête de Marie, sans aucune concurrence entre les deux.
L'Assomption : la fête de Marie, ou la fête de …

apvs

Maria Valtorta en résumé : la dormition et la glorieuse Assomption de la Vierge Marie – Gloria.tv Maria Valtorta en résumé : la dormition et la …

France Vappereau

Merci cher ami de nous rappeler l'essentiel...

apvs

C'est toujours avec la même joie profonde ! Que le Seigneur soit loué et béni pour le don de cette oeuvre si profondément bienfaisante + et un grand merci à vous pour votre fidèle soutient :)

apvs

J'ai intégré votre commentaire à ma publication ! 😇 😉

apvs

"Lui a compris, dans sa simplicité de tout petit, que c'est dans l'amour que se trouve la force de devenir grand et dans l'obéissance par amour celle d'entrer dans mon Royaume. Soyez simples, humbles, aimants d'un amour que vous ne donniez pas qu'à Moi mais que vous partagiez entre vous, obéissant à mes paroles, à toutes, même à celles-ci, si vous voulez arriver là où entreront ces innocents. Apprenez auprès des petits. Le Père leur révèle la vérité comme Il ne la révèle pas aux sages."
Trop simple et trop naïf pour les intelligents.....

France Vappereau

Le langage de l'amour....

apvs

... reconnu par les touts petits qui aiment vraiment Dieu !

France Vappereau

Lui a compris, dans sa simplicité de tout petit, que c'est dans l'amour que se trouve la force de devenir grand et dans l'obéissance par amour celle d'entrer dans mon Royaume. Soyez simples, humbles, aimants d'un amour que vous ne donniez pas qu'à Moi mais que vous partagiez entre vous, obéissant à mes paroles, à toutes, même à celles-ci, si vous voulez arriver là où entreront ces innocents. Apprenez auprès des petits. Le Père leur révèle la vérité comme Il ne la révèle pas aux sages."
Trop simple et trop naïf pour les intelligents.....

apvs

Beaaaaark ! Une très pâle imitation de l'EMV, qui transpire la fausseté. L.E. a dû nourrir une I.A. avec ses idées frelatées, et lui demander : "Fais-moi une histoire dans le style de Maria Valtorta avec tout ça ! ". Le résultat est affligeant. On aurait presque l'impression d'avoir toucher un mort... Alors que lire l'EMV donne la vie !